A propos de Marchesseau

Le cheminement et l’action d’André Passebecq depuis 1950.

Une mise au point qui s’impose sur mon cheminement depuis 60 ans, avec une note préliminaire sur les Relations entre André Passebecq et Pierre Marchesseau dans les années 1950

Note préliminaire. I

Retour d’André Passebecq à la vie civile en 1950 La guerre 39-45 terminée, des troupes françaises ont occupé une partie de l’Allemagne de l’Ouest.
Officier, j’en ai fait partie, pendant près de deux ans, jusqu’à mon rappel en France pour y diriger une unité.
L’ulcère gastrique que j’avais contracté en Allemagne s’est aggravé, entraînant plusieurs hospitalisations sans résultat, au oint qu’une opération chirurgicale fut proposée pour traiter la « néo-formation ».

Ne désirant pas qu’on « m’ouvre le ventre » dans un but qui ne m’était pas précisé, je me suis informé sur ce genre d’intervention et j’ai appris qu’en Angleterre, une technique de santé naturelle appelée Naturopathy intervenait « naturellement » et avec succès dans de nombreuses situations « troublées ». J’ai alors décidé de présenter ma démission et, donc, de revenir à la vie civile – ce qui a été fait (avec difficulté).
Je me suis retrouvé en France « capitaine honoraire » et ai pu immédiatement trouver un emploi civil intéressant et qui devait me permettre de subvenir aux frais d’un « séjour de santé » en Angleterre. En attendant cette possibilité, je me suis informé sur ce qui existait en France dans le domaine de la santé dite naturelle. J’ai appris qu’il existait un mouvement végétarien actif avec Merrheim (dit Mono), un de ses adeptes, Henri-Charles Geoffroy et son épouse (avec La Vie Claire), et aussi un non-végétarien, Pierre Marchesseau, à qui j’ai demandé des informations sur son traitement des troubles digestifs.

Pierre Marchesseau m’a conseillé de prendre différents remèdes dits « naturels » : une « poudre blanche », un « laxatif » etc., car sa méthode consistait à « désintoxiquer l’organisme en faisant pisser, chier, suer, etc. » m’a-t-il dit, c’est-à-dire nettoyer le corps et les cellules, puis de donner une alimentation riche, comportant de la viande en bonne quantité. (A d’autres, il déconseillait l’excès de viande.)
En plus, suivant un certain « professeur Desbonnet », enseignant de gymnastique, il conseillait vivement le système mis au point par ce « professeur », avec des séances de « petit sauna » composé d’une chaufferette et d’une grande couverture laissant le passage de la tête. Ayant appliqué cette « méthode » pendant quelques mois, je me suis trouvé amaigri, fatigué, mais avec toujours mes douleurs digestives. Pierre Marchesseau m’avait conseillé de lire quelques-uns de ses « livres » - mais je n’en avais rien tiré.

Ayant une relation amicale avec le Pr Raymond Lautié, collaborateur de « La Vie Claire », il avait créé une petite revue « à éclipses », dans laquelle il insérait de petits articles sur sa « méthode », ces articles portant la signature « Pierre Marchesseau ou/et Pr Lautié, et même, pour certains… « André Passebecq », etc.
Marchesseau « écrivait » aussi des livres. Il avait conçu un cours par correspondance sur sa méthode. On s’y inscrivait et on présentait une « thèse ». Quand celle-ci était estimée intéressante par Marchesseau, il y ajoutait quelques mots et… la faisait imprimer sous sa signature, à lui !... Toute une série d’ouvrages portait son nom. Et le tour était joué.

Habile, de physique agréable et souriant, beau parleur, il donnait des conférences agréables et valorisantes. A une certaine époque, il proposait à certains de ses élèves de faire partie d’une « société secrète ou discrète » qu’il avait fondée et dont il était le Grand Maître. Il ne m’a pas fait la proposition, mais je possède celle qu’il a envoyée à un de mes collaborateurs, Francis Moreaux (maintenant décédé). A moi, un jour, il a envoyé son diplôme de Naturopathe alors que, m’étant rendu compte du caractère ambivalent de son action, je n’attendais pas un tel « diplôme » sans valeur.

II – Mes études en Grande- Bretagne

Très vite, j’avais pris des contacts avec des établissements anglais pratiquant en enseignant la Naturopathy, et décidé d’aller faire une « cure » chez Jarvis, N.D., D.O., à Croydon. En quelques semaines, j’ai appris le comportement hygiéniste, j’ai simplement modifié mon alimentation et cessé de fumer – et mes troubles digestifs, douleurs et autres signes de mauvaise santé ont spontanément disparu, pour ne plus revenir, même aujourd’hui à l’âge de 88 ans.
J’ai ensuite repris, en Grande Bretagne, des études de Naturopathy, Osteopathy, Physiotherapy, Psychology, etc. Les revues Health for All et quelques autres m’ont apporté beaucoup, elles aussi.

III - En France

J’ai créé l’association Hygiène et Science, devenue, en 1970, Vie et Action, avec la collaboration du Pr Raymond Lautié et d’amis adeptes des méthodes naturelles de santé.
J’ai également fait la connaissance d’Albert Mosseri, venu d’Egypte avec les écrits de H.M. Shelton (très intéressants mais parfois un peu trop « sévères » avec, par exemple, le régime des combinaisons alimentaires dites « idéales » de Salvator (surnom d’un prêtre mort de cachexie par régime excessif à 33 ans), de Gérard Nizet, créateur de « la Nouvelle Hygiène » et de la maison d’édition (Sélection du livre),mort de troubles circulatoires cérébraux après une longue hospitalisation, à 68 ans et plusieurs années d’une alimentation (combinaisons dites « idéales ») excessivement riche en fromage et oeufs.

Pour la mise au point de la Naturo et de l’Hygiène Vitale, j’ai eu la chance de connaître les travaux sur la fièvre (Shelton, etc.), Pr André Lwoff, prix Nobel, Institut Pasteur de Paris.
Voilà, trop brièvement résumées, les phases de mon expérience dans l’immense et complexe domaine des « méthodes naturelles de santé ».
J’y ajouterai un mot relatif à mes engagements en alimentation saine et agrobiologie. J’ai très tôt connu la famille Lemaire, enrichie progressivement de l’apport de Boucher et du vétérinaire courageux Quinquandon. Puis j’ai collaboré avec Mattéo Tavera, l’ingénieur agricole André Louis et des “jeunes” (à l’époque) qui ont suivi pour la création de Nature et Progrès.
L’abbé Joseph Béhaghel, professeur de sciences, y a participé aussi. D’autres noms pourraient entre être cités. J’ai préfacé le livre de Mattéo Tavera : La mission sacrée. Nous y reviendrons prochainement.

A Lodève, vers 1970, a eu lieu le stage d’un mois organisé par Vie et Action. C’était le premier stage de méthodes naturelles, dont le succès a été considérable (avec une centaine de participants), sur tous les thèmes de ces méthodes. Ont suivi : les premiers congrès français de méthodes naturelles à Paris, rue du Borrégo, avec une assistance nombreuse et un panel extraordinaire de conférences et praticiens les plus célèbres en médecines naturelles, puis les 3 congrès de Tours, très importants eux aussi puis… beaucoup de stages, de cours… dans bien des villes françaises et étrangères (en Belgique, Suisse, Maroc, Tunisie, Canada, etc…)

La revue Vie et Action, depuis 1970, et une vingtaine de livres édités par Vie et Action et Dangles, un système de cours par correspondance complétés par des stages, ont mobilisé de nombreux collaborateurs, animateurs et amis, dont beaucoup m’écrivent encore. Dans la revue Vie et Action, depuis les premières années, ont paru des comptes-rendus de cas : « Les Incurables que j’ai connus » ou Ceux que l’on disait « incurables » (qui seront prochainement réédités dans un livre du même titre).

S’il fallait rappeler les noms et adresses de tous ceux qui ont apporté leur contribution à Vie et Action, bien des pages seraient nécessaires et il y faudrait du temps. Espérons que ce sera bientôt fait. En tout cas, ceux qui veulent maintenant y apporter leur pierre (dans la mesure de leurs moyens) seront les bienvenus. André Passebecq  Page 5 - Vie et Action n° 261-262

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Les 5 éléments - Dr Daniel Laurent Caudan
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